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dimanche 13 novembre 2011

Misfits


L’optimisme pour la première saison de Misfits a été unanime et parvient à rééditer son coup.

Si l’originalité de la série est toujours là, la construction des épisodes a été quelque peu différente. En parallèle de fils conducteurs légèrement plus discrets, il y avait pour nos cinq héros, la quête du jour. Nous avons ainsi pu voir défiler Lucy, une connaissance de Simon devenue tarée ; Jamie, le demi-frère surprise de Nathan ; un tatoueur qui peut altérer les pensées grâce à ses créations ; le geek hors de contrôle qui reconstitue le monde virtuel de son jeu vidéo ; le père de famille psychopathe protégeant sa vierge de fille ; un gorille pour nouvel amant de Kelly et enfin un acquéreur de pouvoirs se faisant passer pour Jésus.

L’épisode 6 par ailleurs particulièrement réussi sort de ce schéma et propose aux spectateurs de découvrir ce que deviendraient Nathan, Simon, Kelly, Curtis et Alisha s’ils révélaient leurs pouvoirs au monde. La célébrité futile, certes les envahit, mais quatre d’entre eux finissent tués. Heureusement grâce à Curtis et sa capacité à remonter le temps, leur destin est sauvé in extremis.

La trame principale de cette saison 2 débute sur un suspense puisqu’un homme masqué suscite l’intérêt par ses actions bien qu’inespérées et salvatrices, fortement mystérieuses. Cet homme dont on ignore l’existence et comme son appellation l’indique porte un masque, quand il ne laisse pas des indices primordiaux au groupe, leur sauve carrément la vie. C’est Alisha qui entrera dans le secret puisqu’elle parviendra, elle seule, à connaître sa véritable identité. Oh surprise, il s’agit d’un Simon du futur ! Ils forment avec la jeune fille un couple dans leur avenir, un couple très amoureux, très uni. Pour mener leur mission à bien et qu’aucun ne dérive du chemin qui est censé être le leur, Simon ouvre la voie, guide. Il ira jusqu’à se sacrifier et Alisha n’a plus qu’à patienter pour que ce Simon si coincé, ayant si peu confiance en lui, devienne ce héros fort qui la conquerra un jour ou l’autre, c’est écrit. On assiste d’ailleurs dans cette saison à sa rupture avec Curtis, lui-même motivé par une image de son futur, à débuter une nouvelle histoire avec Nikki.

Le final, en ce 1X7 est tragique puisqu’ayant chacun abandonné leurs superpouvoirs contre de l’argent auprès d’un homme bien mystique les retransmettant lui-même aux acquéreurs demandeurs, il leur est impossible d’empêcher la mort de Nikki qui se fait tirer dessus. La toute dernière image est très forte puisque le groupe entier est sur le point de retrouver ses capacités surnaturelles, mais impossible encore de savoir qui obtiendra quoi.

Misfits est géniale. Misfits, malgré les moyens limités de télévision, propose une bonne science-fiction et des intrigues haletantes. Misfits possède encore pour cette seconde saison, une bande originale parfaite. Misfits garde une identité visuelle propre et rock’n roll. Misfits affirme les talents d’une génération d’acteurs véritablement doués et interprétant des rôles extrêmement drôles, naturels, joyeusement trash, décalés, mais crédibles. Misfits possède un Simon Bellamy, interprété par Iwan Reheon, parvenant à jongler - grâce à ses voyages dans le temps – entre le rôle de l’adolescent attachant mais complètement refermé sur lui et aux attitudes presque autistiques au prêcheur sauveur baiseur et sûr de lui avec autant de justesse et de sympathie.
Et surtout Misfits a son personnage, LE personnage, celui de Nathan Young, incarné par Robert Sheehan, qui est tout simplement quelque chose de fantastique qu’on ne voit dans aucune autre série. Si dans la première saison de Desperate Housewives, on ne voit que Bree, si dans Big Bang Theory, Sheldon est devenu l’idole de millions de téléspectateurs, Misfits a su créer sa star. Les mimiques, le texte, cette ultra vulgarité, le sexe toujours à la bouche (ou à la main), une franchise insolente, une décontraction à toute épreuve en font tout simplement l’un des meilleurs personnages vu à la télévision ces dernières années. Chaque passage est hilarant et rien que pour lui, si vous ne l’avez pas compris, Misfits est à voir et à revoir.


En conclusion, cette saison 2 est à nouveau presque parfaite, mais Misfits pour son avenir fait peur, car tout le monde le sait, Robert Sheehan s’en va…

17/20

mercredi 18 mai 2011

Misfits

Saison 1


Qu’on se le dise, Misfits est un OVNI télévisuel !

Misfits ne se résume pas pendant des heures, elle s’analyse encore moins, mais se doit forcément d’être conseillée.. En effet, l’histoire de base, à savoir cinq adolescents britanniques, débutant leur travail d’intérêt général, assistant médusés à un orage des plus violent et se retrouvant instantanément dotés de pouvoirs surnaturels, est certes un pitch sympathique, mais on peut se dire qu’il n’est pas d’une originalité transcendante. Pour la transe, il faut évoquer deux choses.

Tout d’abord, les personnages en eux-mêmes. A la fois très réalistes mais aussi originaux, les personnalités que l’on découvre vous happent immédiatement. A l’opposé des clichés ados habituels, leur humour, les rapports qu’ils entretiennent entre eux offrent des scènes délicieuses. Les pouvoirs distribués sont, soit complètement renversants, à l’image d’une des jeunes filles capable de provoquer le désir sexuel au moindre frôlement, soit ils le deviennent quand la seconde héroïne a accès aux pensées intimes des mecs en rut l’entourant. Quand j’adore une série, et c’est le cas ici, c’est qu’en général, en plus de l’humour et du scénario, je me trouve des chouchous. Dans le cas présent, il s’agit de Nathan et Simon. Diamétralement opposés, le premier est une boule d’énergie, provocateur à l’extrême, vulgaire, se foutant complètement de ce qu’on peut penser de lui, la tête de Robert Scheehan est absolument parfaite de malice et de drôlerie. Quant au second, interprété par Ywan Rheon, plus complexe, tout autant attachant, frustré, seul, bizarre comme j’aime, certainement un peu psychotique, son tout nouveau pouvoir lui permettant de se rendre invisible lui va comme un gant.

Pour ce qui est du scénario, Nathan, Simon, Curtis, Kelly et Alisha ne sont pas les seuls transformés par cette foudre qui a frappé la Terre. Au milieu des bizarreries telles que le formidable épisode où une vieille retraitée retrouve ses 20 ans et en profite pour baiser à nouveau, l’éducateur en chef perd la tête et souhaite assassiner nos cinq héros. Ils gagnent et se retrouvent avec un corps à dissimuler. C’est chose faite, mais la collègue et petite amie dudit Tony, persuadée de la culpabilité du groupe, mène l’enquête et manipule les plus naïfs. Le secret, les situations de crise, mêlés à toutes ces aptitudes extraordinaires donnent un cocktail explosif et passionnant à suivre. La saison se termine sur un cliffhanger de ouf, à la fois intrigant et toujours drôle, puisque Nathan se retrouve enterré vivant.

Le second élément, et non des moindres, pour charmer le téléspectateur que je suis, est le traité général de l’image, l’ambiance rock’n’roll de la série. Si pour notre plus grand plaisir, l’Angleterre nous avait déjà montré avec Skins qu’il était possible de ne pas être consensuel et superficiel en matière de séries avec et pour les jeunes, les créateurs de Misfits gardent cet esprit frais et libérateur et y ajoutent l’action, le suspense et bien sûr le fantastique, qui en font une série réellement à part et atypique.

En conclusion, sachez que Misfits est une série à découvrir et elle peut aller encore plus loin, encore plus haut.


17/20