mardi 10 janvier 2012

Six Feet Under, c'est fini !

! Attention, Spoiler dans le dernier paragraphe !

Saisons 1 à 5


Après avoir visionné plusieurs fois les premières saisons, il était temps pour moi de conclure l’une des séries de plus grande qualité qui soit, Six Feet Under. Rendre accessible l’univers si particulier des croque-morts était-ce le but des créateurs de la série ? Dans tous les cas, on nous a ouvert ici les portes d’un monde sombre auquel il ne nous avait jamais été permis d’accéder. Ce pitch de départ était déjà bien original et inédit à la télévision, mais le traité qui a été utilisé au travers de la famille Fisher a propulsé le programme bien souvent en véritable œuvre. Tant du point de vue des sujets traités que des personnages que de la façon de filmer ou encore de la musique, Six Feet Under est certainement le drama le plus atypique des années 2000. La série est d’ailleurs tellement un univers à savourer dans sa globalité qu’il est difficile et presque réducteur d’en extraire certains éléments. Elle propose une narration plus lente qui peut en décourager quelques-uns, mais la complexité des personnalités, l’insatisfaction ambiante des différents protagonistes est montrée avec subtilité. Cette subtilité, nous la retrouvons également face à cette mort qui est présente au quotidien. Cette mère de famille qui perd son mari, et ses trois enfants qui voient disparaître leur père, tout comme Brenda (Rachel Griffiths), la femme de l’aîné à l’enfance si chaotique, ont des plaies, des fantômes avec lesquels il faut cohabiter et lutter en permanence. La mort frappant si régulièrement à leur porte les empêche souvent de s’épanouir complètement, mais paradoxalement parvient à dédiaboliser cet ultime rite de passage.


Le casting étant peut-être l’un des plus réussis de l’histoire de la télé, j’ai choisi, en guise de trace écrite, simplement les quatre personnages principaux et les événements les plus marquants qui leur sont associés.

Nate tout d’abord, un mec sympa et arrangeant avec sa famille. Il était parti pendant plusieurs années avant de reprendre les rênes de l’entreprise aux côtés de son frère. Dès le premier épisode, il fait une rencontre qui va littéralement changer sa vie : Brenda. Ces deux-là seront, malgré leurs blessures, toujours attirés l’un vers l’autre quitte à se faire souffrir. Des moments de confidence, de baise, de défonce, l’éducation de la petite Maya et surtout leur esprit anticonformiste, seront autant de bouées de secours à leur amour si souvent en danger, à leur instabilité, à leurs infidélités et à leurs craintes en l’avenir. La parenthèse de Nate avec l’insupportable Lisa, ses graves problèmes de santé ou le lien flippant de Brenda à son frère maniaco-dépressif sont une partie des grandes épreuves que le couple traversera, mais sans pour autant trouver quiétude ou satisfaction. Ces rapports si compliqués existent dans la vie et il est rare d’observer de telles nuances dans un programme télé. Certes, pour comprendre ces vies souvent malheureuses, il arrive que certaines scènes se doivent d’être presque ennuyeuses afin de traduire justement la lassitude qui règne au sein d’un foyer.

La lassitude est une des caractéristiques que Nate partage avec sa sœur, Claire. La petite dernière de la famille, éternelle révoltée, sensible, ayant du mal à dévoiler ses sentiments, passera ses années d’adolescence à se chercher, à trouver sa voie, ainsi que la bonne personne avec qui partager sa vie. Tentant certainement toutes les substances possibles pour se révéler ou pour s’oublier, se testant un jour lesbienne, s’entichant régulièrement du mauvais garçon, avec le summum atteint lors de sa relation avec Billy. Jonglant entre une agressivité souvent incontrôlée et le fantasme d’être libre et libérée, c’est encore une fois l’aspect si naturel, si profond et si crédible du personnage qui fait tout simplement qu’on l’aime.

Arrive ensuite le personnage de Ruth, si drôle et si touchant, incarnant à la fois l’Amérique profonde en particulier au début de la série, mais se révélant, malgré les apparences, bien plus ouverte et plus libérée. Comme les autres membres de la famille, elle est tiraillée entre l’amour qu’elle éprouve toujours pour son défunt mari et ses nouvelles expériences. Elle rencontrera plusieurs hommes, mais c’est avec Georges qu’elle s’installera sérieusement. Malheureusement pour elle, l’homme sera frappé de maladie mentale. Ne pouvant plus supporter ses accès de folie et surtout cet assistanat perpétuel qui lui est de ce fait imposé, elle craquera bon nombre de fois. Dans ces cas-là, elle trouvera souvent refuge auprès de sa nouvelle meilleure amie, interprété par Kathy Bates. Rendez-vous compte de notre chance lorsqu’un feuilleton télé propose les échanges de cette grande actrice en interaction avec une Frances Conroy tout aussi fabuleuse. La mélancolie ambiante du personnage, son désespoir de voir les gens qu’elle aime disparaître ont amené du très grand à la série.

Enfin, mon personnage préféré et pour cause interprété par Michael C. Hall - révélé ces dernières années par Dexter - campe ici un rôle aux antipodes du tueur en série. Homosexuel longtemps refoulé, il trouve grâce à Keith le moyen, ou du moins une façon de vivre sa vie. Plein de retenue, David est le personnage le plus froid, voire le plus coincé. Clairement étriqué dans cette direction qui lui a été imposée par son père. Son quotidien sera bouleversé par une agression en saison 4 de laquelle il ne se remettra que très difficilement. Enlevé, violé et torturé, l’épisode en question est tout simplement le meilleur de la série : angoissant et déstabilisant avec un scénario et un personnage s’alignant au minimum avec un grand film. Si la carrière de Michael C. Hall devait s’arrêter demain, avec David Fisher et Dexter Morgan, l’acteur aurait déjà démontré une étendue de capacités impressionnantes.


Si les scènes de décès qui ouvrent chaque épisode ont toujours été drôles ou bluffantes, si le rapport à la mort a été incroyable de nouveautés dans cette série, si la distribution a été parfaite et a permis aux personnages d’exister si intensément, individuellement, tout en tissant des rapports forts et variés, le bilan général se fait forcément au moment de la conclusion. Et mes amis, quelle conclusion ! Durant des années, en discutant, en lisant, en surfant sur le net, la fin de Six Feet Under planait au-dessus de ma tête, comme quelque chose qui m’attendait et qui allait être complètement grandiose. J’ai eu la chance, malgré le temps écoulé depuis 2005, qu’on ne m’ait jamais révélé quoi que ce soit. Si par hasard, vous faites partie des rares à ne pas avoir encore visionné le dernier épisode, rendez-vous service et ne lisez pas la suite de ce dernier paragraphe. Alors que Nate succombe de sa maladie, que chacun est détruit, mais qu’il faut malgré tout continuer à vivre avec ce démon supplémentaire, Brenda accouche de leur petite fille et Claire quitte la maison pour New York où un avenir artistique l’attendra peut-être. Le moment des adieux est alors émouvant et nous savons que nous assistons à la fin d’une ère télévisuelle. Les Fisher sont là, le père de famille réapparaît également. Une dernière photo est prise sur le pas de la porte de cette maison si spéciale, le corbillard vert tellement associé à la série n’est plus, une page se tourne pour la famille et pour son public, dans l’émotion, Claire prend la route… Et là, je pense ne pas en faire trop en estimant que la description de ce que l’on voit à l’image serait presque une insulte, mais je le tente brièvement : avec une réalisation superbe, Claire au volant de sa voiture, écoutant la sublime chanson de Sia « Breathe me », défile sur sa longue route déserte avec une expression si complète, si parfaite et à laquelle est ajouté un montage s’accélérant au rythme du son et des images, dévoilant l’avenir tout d’abord proche, puis lointain de tous les protagonistes de la série. Variant très certainement selon l’attachement et la sensibilité de chacun, pour ma part lorsque la mise en scène des décès de Ruth, Keith, David, Rico, Brenda et Claire a eu lieu, les torrents de larmes étaient inévitables. Il s’agit alors d’un mélange de tristesse concrète quant à la disparition des personnages que l’on a aimés, mais surtout au travers de la plus jeune, c’est la projection d’une fatalité assommante.


Lorsqu’on ressent de tels sentiments grâce à une série télévisée, on ne peut dire qu’une seule chose : Merci !

Série : 16/20 - Final : 20/20

7 commentaires:

Popa a dit…

Lire ton article sur le final m'a donné des frissons!!! J'aimerais tout revoir... Grande série, malheureusement méconnue en France ! Content d'y avoir repensé en te lisant ! Breathe me, chanson de vie désormais...

Cindy a dit…

Avant d'analyser plus longuement cet article, je soulignerai la perfection du choix de tes mots !

Le Dav' a dit…

Très bel article qui résume très bien la série. Je l'ai recommencé il y a quelques jours avec un ami, il n'a pas beaucoup apprécié le pilote. Espérons qu'il accroche avec la suite ;)
Sia...chanson devenue inséparable de la série :)

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David n'a pas été violé par son agresseur ! Revisionnez l'épisode !